Chambonchard est entré dans l’ère de la Renaissance.

Publié le par Jean-Marie Mayet

Vendredi, sous un soleil presque estival en ce premier jour d’été, le petit village de Chambonchard, poste-frontière riverain du Haut-Cher, à la limite de la Creuse et de l’Auvergne, à quelques lieux d’Evaux les Bains, est entré officiellement dans l’ère de la Renaissance, mais aussi dans celle de la Reconnaissance, ajoutant une page officielle à une Histoire, qui depuis 40 ans, ne savait plus où allait son destin…

 

Gérard Rouffet, son maire, accueillait une double centaine d’invités, entourant des personnalités départementales (Préfet, sous-Préfet, Président du Conseil Général, député, maires et adjoints de communes limitrophes, chefs de services administratifs, etc…) venus apporter officiellement leur caution à l’acte bien visible et définitif du chapitre : fini le barrage, vive la reconquête !

 

Le spectre du barrage inondant la vallée, qui depuis plus de 40 ans, a fait fuir les habitants, vendre les terres et les maisons, empoisonné les nuits des parlementaires, trituré les méninges des écolos, des ministres aux manifestants, brassé des millions de francs et des centaines de milliers d’euros, est définitivement mort et enterré.

 

Les maisons abandonnées tombant en ruine où ne vivaient plus que deux irréductibles – le couple Carte – sont redevenues pimpantes, colorées, réhabilitées, réhabitées par une vingtaine de nouveaux habitants, des Français arrivés de tout l’Hexagone, des Belges, des Anglais, un peuple chambonchérois, d’artistes, de maraîchers, de retraités, et, signe flagrant de la Renaissance, d’aubergistes, venus comme les autres, après avoir fixé leur choix ailleurs, passés « juste pour voir » … et jamais repartis ! L’église du 12ème a été restaurée, les réseaux enfouis, les rues retracées et goudronnées, l’éclairage public transformé, et un grand parking aménagé en bordure des tonnelles de l’auberge. Pourquoi si grand ? Pour faire respecter l’adage qui veut que désormais, Chambonchard se visite à pied !

 

Bien sûr pour réussir ce miracle de transformation, cette réussite du « site symbolique de la politique environnementale du département », il a fallu de l’argent. Il est venu de partout : de l’Etat, du département, de l’EP Loire, des municipalités, des nouveaux habitants eux-mêmes, et Gérard Rouffet a imploré, crié, sollicité, commandé, pour toucher la manne indispensable à la survie de son village. Il a gagné, ressourcé les énergies (malgré quelques antagonismes encore perceptibles…), regroupé les efforts dispersés, et même si les portables ne passent pas encore, il peut fièrement désormais accueillir le monde entier dans son petit fief : Chambonchard est en pleine Renaissance, qu’on se le dise. Et qu’on vienne voir sur place !…

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Publié dans Actu

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