Elections cantonales : Vivement dimanche !
François Radigon est sûr de lui !
De sa voix douce et monotone, il annonce partout, dans ses entretiens personnels, ses réunions de campagne, ses conversations professionnelles avec ses patients, que – c’est déjà joué d’avance – il « fera coup double » lors des élections des 9 et 16 Mars : il conservera son mandat de conseiller général du canton d’Evaux les Bains, et il permettra à son ancien porte-parole, Bernard Campos, et sa liste de gauche, de conquérir la mairie de la station thermale.
On saura, dès dimanche soir, puisque il n’y a que deux candidats au poste départemental, s’il s’est avéré bon pronostiqueur, au dépens de son adversaire - et néanmoins confrère – Gérard Bonhomme, et réussit à fermer la porte du placard politique sur l’ancien maire d’Evahon.
Vivement dimanche !
Il est vrai qu’en 2001, et face à quatre candidats de droite ou apparentés à celle-ci (Bonhomme, Colette Guillaumin, Michèle Latour et Gaston Nore), François Radigon, à la surprise générale, était arrivé en tête au premier tour, et avait bénéficié de l’incroyable désistement de Gérard Bonhomme, traumatisé par la progression de l’opposition au sein du conseil municipal, abandonnant sa place à Colette Guillaumin, qui ne sut pas fédérer les électeurs sur son nom au deuxième tour. « Bobo » pouvait s’en mordre les doigts !
Un bilan positif
Débarrassé de son écharpe tricolore, appuyé comme toujours par son député Jean Auclair, bien plus libre de ses mouvements, Gérard Bonhomme a compris que le face-à-face de cette campagne 2008 ne serait pas facile. Il a même fait du porte-à-porte, ce qui n’est pas dans sa démarche habituelle, pour présenter un bilan municipal qui l’honore (il a toujours affirmé vouloir « marquer » son passage de maire par quelques réalisations qui rappelleront son mandat, héritage sans doute inconscient de l’influence des années Serge Cléret) avec la réussite des délicats virages économiques importants des implantations du casino et des nouveaux thermes, tous deux incontestablement attachés à son nom, de l’aménagement et l’embellissement du centre-ville, la bonne gestion financière communale, la maîtrise des impôts (merci le casino !), le si peu connu mais essentiel bassin d’orage, etc…
Mais aussi, en passant sous silence, les reproches des citoyens pour son manque de communication et de concertation, d’investissement dans le développement du commerce local, le retard de la construction de la salle polyvalente, son refus systématique d’embauche à l’année de personnel municipal supplémentaire de qualité, sa façon de « traîner » les pieds pour s’engager dans l’intercommunalité et « le pays » de Combraille (sauf pour le Centre des « P’tits Filous »), sa « faiblesse » et ses conséquences financières lors des cessions du cinéma et de la piscine à la « com-com », et quelques entêtements qui n’empêchent nullement le bilan d’être largement positif.
L’appui du Conseil Général
François Radigon, dans son rôle de conseiller général a joué sur le reste du canton. Sa position d’opposant au sein de la Municipalité ne lui permettait guère autre chose. Il a eu du mal à montrer du concret et l’a fait attendre. Même à Chambonchard où il s’est pourtant beaucoup impliqué. Mais il a bénéficié de l’appui sans faille du Président du Conseil Général de la Creuse, Jean-Jacques Lozach, inquiet de voir la majorité de gauche risquer de perdre des fiefs sur le département, et qui lui à fourni les « scuds » percutants de la communication. Un énorme avantage psychologique vis –à-vis des électeurs, et un beau « coup » dans la campagne acharnée des derniers jours. Ce fut d’abord le faux évènement politico-médiatique (aux dires d’un Gérard Bonhomme furieux et non-invité) de la rétrocession des terrains de Chambonchard, avec la « une » du quotidien La Montagne et « Radi » triomphant sur la photo pleine page… Puis le dépliant six pages couleurs grand luxe (qui paye ?) titré du Conseil Général de la Creuse, mais consacré aux trois quarts à François Radigon, distribué, huit jours avant le scrutin, dans toutes les boites aux lettres évahoniennes. Une bombe en pleine campagne. Difficile à contrer. Mais projetant ses propres éclats sur son auteur, avec la photo, plein centre du groupe des candidats de gauche, de Bernadette Le Bras !
Bernadette, la Cécilia évahonienne
Ah Bernadette, le talon d’Achille de François dans cette campagne. Sa Cécilia évahonienne !
Elle avait été choisie et adoptée comme suppléante officielle. Et à un mois de l’élection, elle se retrouve remplacée (virée, diront les détracteurs de François), sans explication bien claire, par Evelyne Allard. Laquelle figure d’un seul coup, aux cotés du conseiller sortant, sur la photo officielle de candidature. Un fait curieux et peu sérieux souligné et moqué par les adversaires. D’autant plus que la même Evelyne, trois mois plus tôt, lors de son départ à la retraite, refusait obstinément « de figurer sur le même cliché » que son Président de l’ADEC, … François Radigon (impossible à nier, c’est à nous-même que la supplication a été faite ! NDR). A croire qu’en politique rien n’est jamais définitif. Tout peut se retourner… comme une crêpe.
En dépit de cette « bavure » dans le communiqué du Conseil Général, celui-ci vante avec force détails les interventions de François Radigon lors de son mandat : l’incontestable relance et le succès de l’ADEC (Aide à Domicile Evaux-Chambon) dont il est le président efficace, la vallée de Chambonchard, le Foyer occupationnel d’Arfeuille-Chatain, le thermalisme (il est membre représentant du Conseil Général au Conseil d’administration), les technologies de communication par téléphone mobile, etc… Certains de ses adversaires remarquent perfidement, qu’emporté par son élan il a même ajouté quelques réalisations dans lesquelles il a peu participé …
Ajoutons que, dans une certaine couche de la population, cette bataille politique de médecins déclenche une réaction de mécontentement et de frustration : selon les dires de citoyens, il est de plus en plus difficile d’obtenir, surtout le week-end, la venue à domicile d’un praticien, alors ces deux là, dit-on, feraient mieux d’exercer d’abord leur profession, plutôt que de ferrailler en politique… Il y aura des abstentions en représailles.
Il n’y aura pas de deuxième tour pour les élections cantonales à Evaux les Bains. Dimanche soir l’un des candidats sera mis hors-jeu de la politique en cas d’échec, et l’autre, s’il échoue, risque de faire vaciller tout l’édifice du Conseil Général creusois actuel, mais surtout apprendrait à ne pas crier victoire avant le dépouillement du dernier bulletin… On ne sait jamais !
J-M.M.